____ Entre deux scènes.
_____ Il s'approcha. Mon coeur battait si fort.. Je voyais le tout ralenti. Sa main saisit ma nuque frêle, que le vent glacé tentait de pénétrer, en vain. Je me plongeai dans ses yeux, à présent proches des miens. Une planète de chêne vierge, donc l'écorce aurait noirci. Un tronc aux apparences extérieures. Il ne manquait plus que les branches.. Les feuilles d'automne virevoltaient, portées par le courant éolien. C'était fou. Ses doigts caressèrent ma peau glacée, me réchauffèrent. Mon Prince les promena, tels deux amoureux éternels, jusque mes lèvres. Celles-ci, un tantinet blessées par ce froid glacial, qui nous transperçait, furent aussitôt guéries par les siennes. Il approcha son visage du mien, et m'embrassa. Un étourdissement me prit. Un vertige, comme celui auquel on fait face, sentant une forte odeur, jusque là inconnue. Je manquai de perdre l'équilibre; Jules me rattrapa. Il était Roméo, et Ulysse à la fois. Il était l'amour malgré tout. L'amour vital, existentiel. Passons l'amour familial, ou encore amical. Il était l'amour à proprement dit; il était mon Amour à moi. Amour prit mon coeur dans ses ailes; il me prit dans ses bras. Amour devint Joie et Peine. Amour était beau.. Je le trouvais beau. Mon âme le trouvait incroyablement beau. Chétif, aux traits parfaitement imparfaits, et beau. Amour était parfait; Amour était mien. Nous nous mîmes à courir, évitant les arbres et leurs branches sèches, à présent délaissées de feu leurs belles feuilles vertes printanières. La senteur des fleurs n'était plus, seul le gel était perceptible. Amour prit ma main, je l'aimai. On avait beau me dire que je ne savais rien de tout cela, ils en savaient encore moins. Ces autres ne connaissaient pas cet amour; mon Amour. Amour était doux, tendre. Dans le creux de ses bras, je me sentais si bien.. Sereine, sans nulle crainte. Rien ne m'atteignait, hormis ses baisers. Et ses caresses.. Si fragiles, à l'air rassurant. Amour était fou, j'en étais dorénavant folle. Je ne pouvais plus m'en passer, je profitais de chaque seconde. Je lui volais des bisous, qui, sans aucune attente, se transformaient en baisers fous. Nous étions amoureux, nous fuyions le monde. Ces calamités, nous en étions bien loin. Dans notre propre bulle, nous n'étions qu'amoureux. Et rien ne me tuerait. Je demeurerais folle d'Amour. Je le chérissais, je l'aimais. Un tel être ne pouvait exister. Sans doute était-il un ange descendu du ciel, afin de m'éviter de finir triste et désespérée. Mais j'y croyais. Ces autres pouvaient bien me prévenir, je n'y prêtais pas la moindre attention. Amour avait ma confiance, je croyais en lui. Et il était beau.. Il me susurra une douce phrase, juste au creux de mon oreille. Je ne compris pas. Mais, d'une manière ou d'une autre, j'avais saisi. Seulement, ses mots n'étaient pas communs. Ils m'étaient méconnus. Peut-être Amour était-il étranger; je n'en savais plus rien. Je ne me souvenais plus d'aucune de ses nombreuses paroles, hormis ce qu'il venait de me murmurer. Amour était simplement beau. Je n'aurais jamais pu imaginer rencontrer une telle personnalité. Aussi forte que douce. Amour pouvait vous mettre au tapis, puis vous consoler. Il pouvait vous dire qu'il vous aimait, et puis vous gronder. Amour était juste et bon; bonnement et justement parfait. Amour était éternellement calme. Ses yeux aspiraient la gentillesse. Non la pitié, seulement la gentillesse. Amour me rassurait constamment, et je m'amusais à le taquiner. Amour m'inspirait, et m'inspire encore à ce jour. Amour était ma vie; j'en vis. Amour était mon eau, mes rêves.. Il représentait mes désirs les plus intenses, mes fantasmes les plus fous. Amour était loin, écorché à vif.. Juliette l'avait abandonné, empoisonné. Je savais qu'il ne l'oublierait jamais. Même ses promesses, je n'y croyais pas.. Ses déclarations et ses belles paroles, je n'en étais que perplexe. Je décevais parfois Amour, et me blessais. Ce qui était tout à fait normal: Amour était Jalousie. Cette dernière me dictait mes dires. Elle me hantait, m'ordonnait de haïr cette.. Juliette. Mais je l'aimais bien, d'un côté. Jalousie n'en voulait rien savoir. Détester sa Princesse était le seul moyen. Les larmes coulaient, et Peine était à présent de la partie. Euphoriques, leur cerveau était atteint. Amour et moi n'étions que spectateurs. Il m'arrivait, quelques fois, de me demander jusqu'où ça irait. Vous savez, lorsque vous êtes raide dingue d'une personne, que votre estomac se noue, que, brutalement, de leurs ailes aux mille feux, de jolis papillons colorés viennent se frotter à votre paroi ventrale, et que votre coeur est sous une pression insoutenable.. Que vous êtes amoureux, en gros. N'est-ce pas.. bizarre? Passons. Amour était juste.. incroyable. Je lisais en lui chaque nouveau jour que je vivais. Tel un roman passionné et rempli de splendeur que je redécouvrais indéfiniment, à chaque nouvelle lecture. Il se disait fou de moi. Amour était "fou de moi" - chose que je ne réalisais évidemment pas. En m'endormant, je m'imaginais à ses côtés. Couverte de ses baisers; juste comblée. J'en rêvais, à proprement dit. Amour était loin.. Et je me permettais de penser qu'il m'agaçait. Quelle pauvre fille je faisais, tout de même.. Amour était fantastique, et j'en étais encore à ne pas en prendre conscience. Disons que la chose qui me sert de cerveau est dotée d'un certain dysfonctionnement, ou dirais-je "gros défaut": ne pas réaliser la chance que j'avais. L'homme de ma vie était devant mes yeux - ou plutôt, devant mes mots -, et je ne parvenais point à sauter la flaque et le carré de terre mouillée qui faisait office d'obstacle entre nous deux. Il faudrait préciser bien des choses, mais restons discrets. J'oubliais: Amour n'était que nullement matérialiste. Chose qui pouvait paraître paradoxale. En effet, cela contrastait avec l'intérêt que je portais tout particulièrement à l'apparence, et, surtout, la mienne. Vous me direz certainement que cela n'a pas grand rapport avec le matérialisme en soi, comme le ferait mon Amour, le plus simplement du monde.. On pouvait presque imaginer, écrit sur son front, "Contradicteur méchant, danger". Mais son regard était capable de vous faire oublier tout ce qui vous entourait. Vos problèmes, vos peines, Amour pouvait les chasser de votre esprit. Et sa voix.. Un élixir de bonheur. Son timbre était assez grave, enraillé. En l'écoutant, je pouvais m'évader. Je restais pendue à ses lèvres, et cela pouvait durer d'interminables heures. Je restais attentive à ce qu'il disait, sans forcément comprendre un mot de ce qu'il racontait. A croire que l'amour rend stupide. Mon Amour ne me rendait qu'heureuse. Je ne m'imaginais plus sans lui. Il était mon tout. Amour me rendait belle et intelligente. Il me faisait rire, m'emplissait d'envie de vivre. Vivre, pour lui. Amour était persuasif, me faisait perdre mes mots. Il m'empêchait de contre-attaquer, m'affaiblissait. Je n'avais d'yeux que pour lui, je l'admirais. Il était tout ce que je souhaitais. Même nos disputes étaient adorables. Nous ne nous fâchions que pour mieux nous retrouver. Amour était mon idéal. Il me permettait d'espérer, de rêvasser. Il hantait mon esprit, mon âme, mon coeur. Il était un Trésor que je n'osais avouer. "On me le volerait", que je me disais. Lui parler était synonyme de renaissance. Amour était revigorant. Il me manquait en permanence. C'était devenu une drogue, un besoin. Je ne pouvais réellement désirer que lui. Amour m'habitait totalement; il faisait à présent partie intégrante de moi. Nous séparer aurait été comme désunir deux siamois - j'entends êtres humains, non pas chats -, qui auraient déjà passé leur vie entière collés l'un à l'autre. Sa présence m'était indispensable, voire vitale. Il était mon confident, et mon amant à la fois. Je m'écroulais en sanglots, dans ses bras, et mon Amour me consolait. Il me rassurait, de ses mots de velours. Amour rimait avec pour toujours.
<< A jamais à toi; à jamais à moi; à jamais à nous. >> - Beethoven.
_____ Il s'approcha. Mon coeur battait si fort.. Je voyais le tout ralenti. Sa main saisit ma nuque frêle, que le vent glacé tentait de pénétrer, en vain. Je me plongeai dans ses yeux, à présent proches des miens. Une planète de chêne vierge, donc l'écorce aurait noirci. Un tronc aux apparences extérieures. Il ne manquait plus que les branches.. Les feuilles d'automne virevoltaient, portées par le courant éolien. C'était fou. Ses doigts caressèrent ma peau glacée, me réchauffèrent. Mon Prince les promena, tels deux amoureux éternels, jusque mes lèvres. Celles-ci, un tantinet blessées par ce froid glacial, qui nous transperçait, furent aussitôt guéries par les siennes. Il approcha son visage du mien, et m'embrassa. Un étourdissement me prit. Un vertige, comme celui auquel on fait face, sentant une forte odeur, jusque là inconnue. Je manquai de perdre l'équilibre; Jules me rattrapa. Il était Roméo, et Ulysse à la fois. Il était l'amour malgré tout. L'amour vital, existentiel. Passons l'amour familial, ou encore amical. Il était l'amour à proprement dit; il était mon Amour à moi. Amour prit mon coeur dans ses ailes; il me prit dans ses bras. Amour devint Joie et Peine. Amour était beau.. Je le trouvais beau. Mon âme le trouvait incroyablement beau. Chétif, aux traits parfaitement imparfaits, et beau. Amour était parfait; Amour était mien. Nous nous mîmes à courir, évitant les arbres et leurs branches sèches, à présent délaissées de feu leurs belles feuilles vertes printanières. La senteur des fleurs n'était plus, seul le gel était perceptible. Amour prit ma main, je l'aimai. On avait beau me dire que je ne savais rien de tout cela, ils en savaient encore moins. Ces autres ne connaissaient pas cet amour; mon Amour. Amour était doux, tendre. Dans le creux de ses bras, je me sentais si bien.. Sereine, sans nulle crainte. Rien ne m'atteignait, hormis ses baisers. Et ses caresses.. Si fragiles, à l'air rassurant. Amour était fou, j'en étais dorénavant folle. Je ne pouvais plus m'en passer, je profitais de chaque seconde. Je lui volais des bisous, qui, sans aucune attente, se transformaient en baisers fous. Nous étions amoureux, nous fuyions le monde. Ces calamités, nous en étions bien loin. Dans notre propre bulle, nous n'étions qu'amoureux. Et rien ne me tuerait. Je demeurerais folle d'Amour. Je le chérissais, je l'aimais. Un tel être ne pouvait exister. Sans doute était-il un ange descendu du ciel, afin de m'éviter de finir triste et désespérée. Mais j'y croyais. Ces autres pouvaient bien me prévenir, je n'y prêtais pas la moindre attention. Amour avait ma confiance, je croyais en lui. Et il était beau.. Il me susurra une douce phrase, juste au creux de mon oreille. Je ne compris pas. Mais, d'une manière ou d'une autre, j'avais saisi. Seulement, ses mots n'étaient pas communs. Ils m'étaient méconnus. Peut-être Amour était-il étranger; je n'en savais plus rien. Je ne me souvenais plus d'aucune de ses nombreuses paroles, hormis ce qu'il venait de me murmurer. Amour était simplement beau. Je n'aurais jamais pu imaginer rencontrer une telle personnalité. Aussi forte que douce. Amour pouvait vous mettre au tapis, puis vous consoler. Il pouvait vous dire qu'il vous aimait, et puis vous gronder. Amour était juste et bon; bonnement et justement parfait. Amour était éternellement calme. Ses yeux aspiraient la gentillesse. Non la pitié, seulement la gentillesse. Amour me rassurait constamment, et je m'amusais à le taquiner. Amour m'inspirait, et m'inspire encore à ce jour. Amour était ma vie; j'en vis. Amour était mon eau, mes rêves.. Il représentait mes désirs les plus intenses, mes fantasmes les plus fous. Amour était loin, écorché à vif.. Juliette l'avait abandonné, empoisonné. Je savais qu'il ne l'oublierait jamais. Même ses promesses, je n'y croyais pas.. Ses déclarations et ses belles paroles, je n'en étais que perplexe. Je décevais parfois Amour, et me blessais. Ce qui était tout à fait normal: Amour était Jalousie. Cette dernière me dictait mes dires. Elle me hantait, m'ordonnait de haïr cette.. Juliette. Mais je l'aimais bien, d'un côté. Jalousie n'en voulait rien savoir. Détester sa Princesse était le seul moyen. Les larmes coulaient, et Peine était à présent de la partie. Euphoriques, leur cerveau était atteint. Amour et moi n'étions que spectateurs. Il m'arrivait, quelques fois, de me demander jusqu'où ça irait. Vous savez, lorsque vous êtes raide dingue d'une personne, que votre estomac se noue, que, brutalement, de leurs ailes aux mille feux, de jolis papillons colorés viennent se frotter à votre paroi ventrale, et que votre coeur est sous une pression insoutenable.. Que vous êtes amoureux, en gros. N'est-ce pas.. bizarre? Passons. Amour était juste.. incroyable. Je lisais en lui chaque nouveau jour que je vivais. Tel un roman passionné et rempli de splendeur que je redécouvrais indéfiniment, à chaque nouvelle lecture. Il se disait fou de moi. Amour était "fou de moi" - chose que je ne réalisais évidemment pas. En m'endormant, je m'imaginais à ses côtés. Couverte de ses baisers; juste comblée. J'en rêvais, à proprement dit. Amour était loin.. Et je me permettais de penser qu'il m'agaçait. Quelle pauvre fille je faisais, tout de même.. Amour était fantastique, et j'en étais encore à ne pas en prendre conscience. Disons que la chose qui me sert de cerveau est dotée d'un certain dysfonctionnement, ou dirais-je "gros défaut": ne pas réaliser la chance que j'avais. L'homme de ma vie était devant mes yeux - ou plutôt, devant mes mots -, et je ne parvenais point à sauter la flaque et le carré de terre mouillée qui faisait office d'obstacle entre nous deux. Il faudrait préciser bien des choses, mais restons discrets. J'oubliais: Amour n'était que nullement matérialiste. Chose qui pouvait paraître paradoxale. En effet, cela contrastait avec l'intérêt que je portais tout particulièrement à l'apparence, et, surtout, la mienne. Vous me direz certainement que cela n'a pas grand rapport avec le matérialisme en soi, comme le ferait mon Amour, le plus simplement du monde.. On pouvait presque imaginer, écrit sur son front, "Contradicteur méchant, danger". Mais son regard était capable de vous faire oublier tout ce qui vous entourait. Vos problèmes, vos peines, Amour pouvait les chasser de votre esprit. Et sa voix.. Un élixir de bonheur. Son timbre était assez grave, enraillé. En l'écoutant, je pouvais m'évader. Je restais pendue à ses lèvres, et cela pouvait durer d'interminables heures. Je restais attentive à ce qu'il disait, sans forcément comprendre un mot de ce qu'il racontait. A croire que l'amour rend stupide. Mon Amour ne me rendait qu'heureuse. Je ne m'imaginais plus sans lui. Il était mon tout. Amour me rendait belle et intelligente. Il me faisait rire, m'emplissait d'envie de vivre. Vivre, pour lui. Amour était persuasif, me faisait perdre mes mots. Il m'empêchait de contre-attaquer, m'affaiblissait. Je n'avais d'yeux que pour lui, je l'admirais. Il était tout ce que je souhaitais. Même nos disputes étaient adorables. Nous ne nous fâchions que pour mieux nous retrouver. Amour était mon idéal. Il me permettait d'espérer, de rêvasser. Il hantait mon esprit, mon âme, mon coeur. Il était un Trésor que je n'osais avouer. "On me le volerait", que je me disais. Lui parler était synonyme de renaissance. Amour était revigorant. Il me manquait en permanence. C'était devenu une drogue, un besoin. Je ne pouvais réellement désirer que lui. Amour m'habitait totalement; il faisait à présent partie intégrante de moi. Nous séparer aurait été comme désunir deux siamois - j'entends êtres humains, non pas chats -, qui auraient déjà passé leur vie entière collés l'un à l'autre. Sa présence m'était indispensable, voire vitale. Il était mon confident, et mon amant à la fois. Je m'écroulais en sanglots, dans ses bras, et mon Amour me consolait. Il me rassurait, de ses mots de velours. Amour rimait avec pour toujours.
<< A jamais à toi; à jamais à moi; à jamais à nous. >> - Beethoven.
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